Le IVe Congrès mondial des infirmières et infirmiers francophones s’est tenu en juin dernier à Marrakech, au Maroc. Y ont participé près de 1400 personnes de 25 pays différents.
Puisque mon résumé risque d’être plus long que le texte original
, voici un article concernant la Tunisie.
GROSSESSE À RISQUE
Un programme de suivi en Tunisie
Lors d’un séance parallèle portant sur la santé maternelle et infantile, l’infirmière Akila Haddaa Sakly, sage-femme et professeure à l’Institut supérieur des sciences infirmières de Sousse, en Tunisie, a présenté un programme visant à évaluer la prise en charge des grossesses à risque dans la circonscription de Sousse. La mortalité périnatale est un problème préoccupant dans ce pays. En effet, le taux de mortalité périnatale en 1994 était de 69/100000. Comparativement, ceux des pays nordiques sont actuellement de 4 à 8 /100 000 et de 8 à 12/100 000 en Europe.
Afin d’évaluer la prise en charge des grossesses à risque élevé (GARE) dans les structures de première ligne, c’est-à-dire dans les centres de santé de base et les centres de protection maternelle, une étude a voulu vérifier si le suivi était conforme aux recommandations du programme national de périnatalité de la Tunisie.
Ce programme recommande un minimum de cinq visites pendant la grossesse, la deuxième effectuée auprès d’un médecin gynéco-obstétricien. Le calendrier des visites recommandées est le suivant : une première visite avant la 12e et la 15e semaine, la troisième entre la 22e et la 28e semaine et la quatrième entre la 32e et la 34e semaine.
L’étude rétrospective a porté sur les dossiers de 1257 femmes et s’est déroulée pendant un an du 1er janvier 2006 au 31 décembre 2006. Sur cette population, on a établi que 229 femmes (18 %) avaient des GARE. Elles devaient avoir au moins un facteur de risque pour faire partie de l’échantillonnage.
Les facteurs de risque considérés sont divisés en plusieurs catégories, nommément les facteurs héréditaires, les affections maternelles, les antécédents gynéco-obstétriques, les facteurs individuels et socio-économiques tels que l’âge, la taille, le niveau de scolarité, et la grossesse actuelle.
Les caractéristiques de l’échantillonnage ont révélé que 80,8 % des femmes avaient un niveau d’étude primaire et que 51 % étaient des femmes au foyer. Les facteurs de risques étaient de 27 % pour une grossesse dépassant le terme (soit > 42 semaines de gestation), de 16,5 % pour la toxémie gravidique, de 13,5 % pour un âge extrême (soit > 35 ans), de 10,4 % pour un utérus cicatriciel et finalement, de 8,7% pour l’anémie (en 1997, ce taux était de 32,3 %)
L’étude a démontré que 81 % d’entre elles se présentaient à la consultation du premiers trimestre, 72 % à celle du deuxième trimestre et 70 % à celle du troisième trimestre. L’étude révèle également que le nombre de consultations par grossesse est adéquat mais elles ne respectent pas le calendrier du programme national. Les conclusions démontrent que ces GARE majorent le risque de mortalité maternelle périnatale et qu’il est important d’en assurer une prise en charge conformément aux recommandations du programme national de périnatalité.
Les recommandations découlant de l’étude consistent à sensibiliser les sages-femmes à l’importance du respect du calendrier des visites, renforcer l’importance des visites et améliorer la qualité de chaque visite, car les sages-femmes ont un ratio de femmes trop élevé pour assurer la qualité de chaque visite.
Diane St-Cyr, inf., B. Sc., M. Éd.
Perspective infirmières, septembre/octobre 2009, vol. 6, n˚ 5, p. 39
Vous pouvez trouver tous le dossier consacré au IVe Congrès mondial des infirmières et infirmiers francophones à cette adresse IVe Congès SIDIIEF
Très bon article!!!