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Archive for octobre 2009

Avec le temps qui se couvre et l’automne qui arrive à grands pas, quoi de mieux qu’un peu d’humour pour égayer les longs et plates voyagements en métro? Non seulement on ne voit pas le peu de soleil qu’il y a, mais en plus il y a comme une règle tacite: personne ne regarde personne. Plus de la moitié des voyageurs diurnes ont des écouteurs dans les oreilles et suivent le beat assourdissant en hochant la tête ou en tapotant le dos d’une main avec les doigts de l’autre. Les autres dorment, discutent s’ils voyagent à deux ou lisent. Puisque je suis tannées des chansons que j’écoute et que je réécoute et que je voyage le plus souvent seule, j’ai dépoussiéré un petit bouquin parut en 2003: « Comment réussir un bon petit couscous », dont voici un extrait:

Il y a autant de couscous que de régions. […] On peut dire, pour simplifier, qu’il en existe trois grandes variétés qui épousent les couleurs des trois grands ensembles géopolitiques de la région: le Maroc, l’Algérie et la Tunisie.

[…]

La Tunisie est considérée comme le plus primesautier des trois états maghrébins. Nonobstant, quand vous passez la frontière, les policiers vous dévisagent attentivement pour s’assurer que vous êtes bien venu vous faire tanner la peau au soleil du pays de la déesse Tanit, et qu’il n’est pas dans vos intentions de chercher des noises au grand chef cuisinier, élu président à vie par 99,64% des grains.

Quand on voit de l’extérieur comment nos voisins accomodent leurs plat national, […] on tombe aussitôt sous le charme.

Ce couscous-là est tellement beau qu’on dirait une carte postale. Méfiance… Vous plongez la cuillère, vous retournez la semoule pour incorporer la sauce… Et c’est le séisme! Un volcan en éruption! Tout est rouge sang! La Harissa coule à flots! Ils en mettent partout.

En Tunisie, s’il n’y a pas de harissa dans le biberon, les bébés font la grève de la faim!

Le couscous tunisien est une pratique sado-masochiste. là-bas, dans le pays d’Hannibal, quand on vous invite, c’est vous qui passez à la casserole. Ils doublent la dose de harissa, juste pour rigoler, en badigeonnent le fond de votre assiette, plongent le tube à l’intérieur du couscous comme une seringue et y injectent tout le contenu.

Au déjeuner et au dîner, on n’entend qu’un immense Haaaaaaaa! Comme si le peuple tout entier était en train de faire l’amour et avait atteint un gigantesque orgasme national. Ou alors, on se dit que la torture vient d’être généralisée.

Fellag, Comment faire un bon petit couscous, JC Lattès


C’est exquis!

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